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8 août 2010 : Excursion de terrain sur le tourisme intérieur chinois à Zhuhai
Benjamin Taunay
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Dans le cadre d'un séjour linguistique de chinois à Canton du 16 juillet au 14 août 2010, j'ai souhaité me rendre dans la ville tropicale de Zhuhai, située au sud de la province du Guangdong, en face de la région administrative spéciale de Macao, le temps d'une journée, le dimanche 8 août. L'objectif de ce court travail de terrain était de collecter de nouvelles observations sur les pratiques chinoises de la plage, en vue d'approfondir celles déjà récoltées à Beihai (dans la province voisine du Guangxi) lors de mon travail de thèse (soutenue en 2009), et pour défricher de nouveaux terrains. A la recherche de la plage pendant cette journée, j’ai pris des photographies et formulé des remarques sur la réalité du tourisme intérieur chinois contemporain. Mes notes se trouvent ici retranscrites.

Carte 1 - De Canton à Zhuhai
Cette carte montre le trajet à réaliser entre Canton (A, Guangzhou) et Zhuhai (B). Depuis la gare routière du nord-est de la ville jusqu’au sud de Zhuhai, il faut compter environ deux heures de bus (ligne directe). Le retour à Canton peut être plus long, en raison des embouteillages à l’entrée de la ville en fin d’après-midi, en particulier le week-end. Le long du trajet, l’excursionniste pourra admirer les nombreux bras du delta de la rivière des Perles. A mi-trajet, on peut aussi découvrir les Diaolou de Kaiping, des tours fortifiées de plusieurs étages construites principalement à la fin du 19ème siècle par des membres de la diaspora chinoise, aujourd’hui classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.


Pour cette journée, j’ai volontairement limité mon budget, pour me mettre dans la peau d’un excursionniste chinois modeste qui souhaiterait passer un dimanche dans cette ville située à 150 km au sud de Canton. J’ai donc consacré 200 yuans1 à cette sortie, soit environ 9 à 10% du salaire moyen en Chine. Je me rends, la veille du départ, à la gare routière de Tianhe, au nord-est de la ville, à trois stations de métro de l’Université où je prends alors des cours. Le billet aller me coûte 63 yuans, près d’un tiers de mon budget. En comptant le billet retour, je sais qu’il ne me faut pas dépenser plus de 74 yuans au cours de cette journée. Sur place, il me faudra donc éviter les taxis au profit des transports en commun et privilégier les petites échoppes aux grands restaurants…

Après une courte nuit, ma journée commence à 5h. Comptant économiser, je me rends à la station de métro à la porte ouest de l’Université, mais là, petite erreur, si le métro ouvre bien à 5h30, il me faut attendre la première rame qui, venant du sud de la ville, ne passera pas avant une heure. Mon bus est à 6h40, je n’ai donc pas le choix, je prends un taxi. Premier bilan, au lieu de payer deux yuans pour le métro, je débourse 16 yuans : mon budget commence à fondre. Mieux vaut prévoir large lorsqu’on souhaite prendre quelques loisirs, même le temps d’une journée. Autant dire que celui qui part pour un séjour touristique de plusieurs jours doit constituer un budget important. On s'évade souvent en famille (parents et enfant unique) et il faut alors compter pour trois, ce qui explique que beaucoup de touristes s’en remettent encore aujourd’hui aux prestations des voyagistes, qui eux proposent des prix négociés. Seul 15% de la population a accès au tourisme en Chine.


Photo 1 - Arrivée à Gongbei, le quartier le plus au sud de Zhuhai
Gongbei est le quartier le plus touristique de la ville de Zhuhai, avec de nombreux aménagements destinés aux touristes. On remarquera tout d’abord les palmiers plantés le long de la 2*2 voies, reconstruite très récemment.
Egalement les hauts immeubles qui sont des appartements pour les habitants les plus fortunés de la ville mais aussi dans certains cas des « appartements secondaires » pour les riches Cantonnais qui y viennent de temps en temps ou bien y installent leurs parents pendant l’hiver. A l’image de l’immeuble blanc, de nombreux hôtels constituent également le front de mer. Une promenade au bord de la mer de Chine du sud complète cet espace en mutation rapide, et précède une plage urbaine. © B. Taunay, 2010.


Pendant que mes voisins dorment dans le bus, je profite des deux heures de trajet pour étudier les descriptions et les conseils de visites donnés dans un guide touristique imprimé (en chinois). Celui que j’ai acheté la semaine précédente insiste en début d’introduction sur la ville en tant que région spéciale pour accueillir les investissements étrangers depuis les années 1990, mais précise que la ville est « tranquille », voire « romantique », en comparaison de Shenzhen, l’autre ville ouverte à quelques encablures de là, en face de Hong Kong (reconnaissable sur la carte 1, à la densité d'infrastructures routières et ferroviaires). Le guide décrit ensuite longuement l’air de la mer et les plaisirs associés au littoral, espace encore peu fréquenté par les touristes chinois2. On comprend alors que les quelques lignes de ce guide sur « l’atmosphère » du lieu agissent comme une sorte de « passeur d’altérité » pour les Chinois qui découvrent pour la première fois ce type de lieu. Enfin, après quelques pages pratiques sur les transports, l’hébergement, mais aussi la gastronomie locale, on apprend que la plus belle partie de la ville se situe dans l’arrondissement situé au sud (Gongbei - photo 1), partie bordée par une route côtière qu’il faut impérativement prendre pour observer et sentir l’air de la mer. J'irai donc dans cette direction.



Photo 2 - Le port de Gongbei, le passage piéton pour Macao depuis Zhuhai
Cette photo présente l'entrée nord du port de Gongbei, le point de passage entre Macao et le continent chinois. Les flux sont particulièrement importants des deux côtés de la frontière. Toutefois, il existe une distinction entre les populations, comme l’indiquent les panneaux en bleu sur la photo : sur celui de gauche est écrit que les résidents
de Hong Kong et de Macao peuvent passer librement entre 7h et 8h le matin, montrant que nombreux sont ces « Chinois de l’extérieur » venant profiter des prix plus bas sur le continent ou faire des affaires. Ceux qui ne résident pas à Hong Kong ou Macao doivent eux faire la queue (panneau de droite) et présenter une sorte de visa, payant (en moyenne 20 yuans pour deux jours, valable une fois), ce qui contraint beaucoup leurs déplacements. © B. Taunay, 2010.


Une fois arrivé, à 9h, j'achète immédiatement mon billet retour pour Canton, le nombre de Chinois se déplaçant dans le pays étant déjà considérable, si l'on y ajoute les excursionnistes venus comme moi pour la journée et ceux qui partent travailler la semaine vers le poumon économique du sud, il s’agit de ne pas tarder. Je prends un billet pour 16h20, me voilà donc pour sept heures dans la ville. Me trouvant dans le quartier le plus au sud de la ville je me dirige vers le port de Gongbei, point de passage vers la région administrative spéciale de Macao, à quelques enjambées de là (photo 2). Et là quelle surprise de voir des flux de visiteurs très importants : les Chinois du continent font la queue pour entrer dans le hall qui les mènera de l’autre côté de la « frontière ». Une douane est toujours présente, uniquement pour les résidents chinois du continent (photo 2). Preuve que ce port est un important point de commerce, sous la vaste esplanade, devant le hall, se trouve un immense centre commercial dont les horaires d’ouverture se calent sur ceux du port.


Photo 3 - Négociation du prix d’une photo. En arrière-plan, la région administrative de Macao
Les Chinois accèdent depuis peu au tourisme mais tous ne peuvent pas se payer un séjour touristique. Une bonne photo s’avère primordiale pour prouver aux autres (amis, collègues et famille) que l’on s’est rendu dans un lieu touristique connu. De nombreux stands de prise en photo, avec développement immédiat, assorti de la date et du lieu, fleurissent dans tous les sites touristiques. Ici c’est la frontière, l’ouverture sur le monde qui est recherchée avec la région administrative spéciale de Macao en arrière-plan.Sur cette photo on voit notamment un jeune couple avec enfant, le mari choisissant le type de prise de vue et négociant le prix (10 yuans), son épouse portant leur enfant. A gauche, une femme plus âgée appartenant à un groupe organisé prend la pose. © B. Taunay, 2010.


Après une demi-heure passée à observer les visiteurs et dans le même temps à repousser les assauts des vendeurs de cartes, souvenirs et autres bricoles, je décide de longer le canal séparant les deux Chine, direction l’embouchure toute proche du delta de la rivière des Perles et la mer de Chine du sud. Très vite je me retrouve sur une promenade en bordure de mer, qui me permet d'admirer les gratte-ciel de Macao (photo 3). Là encore, à peine ai-je le temps de contempler la mer que déjà des photographes me proposent leurs services et tentent de m’aguicher, portraits de touristes chinois à l’appui. Après avoir décliné plusieurs offres, je choisis de m’assoir à proximité d’un des stands (photo 3) et commence à engager la conversation avec le propriétaire. Notre échange est toutefois souvent interrompu par des touristes et excursionnistes, tous désireux de se faire prendre en photo devant Macao, ou tout du moins de comparer les prix. Prouver qu’on est venu dans un lieu connu est fondamental dans la société chinoise, société du réseau, très hiérarchisée et codifiée. L’heureux propriétaire de la photo pourra alors fièrement exposer le cliché chez lui ou au bureau pour impressionner ses collègues et amis et ainsi gagner de la face, de la considération sociale. Rappelons-le, seulement 15% de la population chinoise accède au tourisme.


Photo 4 - Travailleur migrant face à Macao
L'arrière-plan de cette photo est à peu près similaire au cliché précédent, on reconnaît les immeubles du nord de Macao. Seuls les protagonistes ont changé, ici c’est un travailleur migrant qui est au premier plan, de trois-quarts devant la région administrative spéciale. Beaucoup de migrants espèrent comme lui accéder à une vie meilleure en venant s’installer en ville, mais beaucoup sont déçus. En effet, le système du Hukou, limitant considérablement
l’accès aux soins, à l’éducation et au logement pour ceux qui sont nés à la campagne et imposant un livret les « assignant » quasiment à résidence. Ceux qui tentent leur chance ont des réussites variées, notamment en fonction de la destination choisie : les villes petites et moyennes sont plus enclines à les intégrer (pour peu qu’ils aient un peu d’argent) à la vie de la cité. L'arrivéede populations nouvelles y est considérée comme positive car source de dynamisme. Le migrant de la photo n’a pas eu cette chance et collecte aujourd’hui les bouteilles en plastique vides afin de les revendre et ainsi de gagner quelques centimes. © B. Taunay, 2010.



Tous les Chinois ne peuvent pas encore se targuer d’avoir eu une expérience touristique. Même si cela évolue rapidement, nombreux sont ceux qui ne peuvent encore que rêver devant les photos des autres. Après cet instant consacré à l’observation, je poursuis ma marche le long de la promenade, en direction du nord de la ville. Durant ce trajet, je continue de croiser de nombreux touristes, de nombreux stands photo, mais aussi de nombreux travailleurs migrants venus vendre ici, à la sauvette, des souvenirs. Les produits sont étalés à même le sol, sur une serviette, ce qui permet de plier bagage rapidement si la police vient à passer par là. Ces travailleurs, souvent originaires des espaces ruraux autour de Zhuhai, voire de plus loin dans la région du Guangdong, tranchent avec les touristes : habits, accent mais surtout couleur de la peau. Bien plus bronzés que les visiteurs (photo 4), ce hâle les distinguent, mais négativement : il est synonyme de travail aux champs en Chine. On comprend ainsi pourquoi les ombrelles fleurissent sur la plage mais aussi dans les rues au moindre rayon de soleil. Ceci n’est pas sans rappeler les pratiques touristiques de la société européenne au 19ème siècle, même s’il est évident que nous ne sommes pas ici dans un simple mimétisme de pratiques anciennes. La réalité est bien plus complexe3.


Photo 5 - Touristes chinois devant la Sirène de Zhuhai
Nombreux sont les touristes et les visiteurs qui se rendent dans ce site, éloigné d’au moins un kilomètre des habitations. Le quartier au nord est visible en arrière-plan à gauche de la photo. L’accessibilité est assurée par de nombreuses lignes de bus ainsi que quelques places de parking pour des voitures individuelles. La sirène est l’attraction principale et peu de touristes prennent le temps d’observer la mer où les petites collines et rochers qui s’y trouvent (comme en arrière-plan, à droite de la photo). Les touristes accordent plus d’importance au fait de se faire prendre en photo devant la statue et à passer un bon moment dans un lieu très fréquenté, donc animé, « renao » en Chinois (soit « bruyant et animé », ce qui « détend l’esprit »). © B. Taunay, 2010.



A 11h je quitte la promenade et prends un bus pour me rendre un peu plus au nord de la ville, direction la Sirène de Zhuhai, le symbole de la ville où j’espère trouver les touristes nombreux venus se faire prendre en photo. J’ai n’ai aujourd’hui pas encore croisé de touristes occidentaux, encore moins dans le bus. Après 25 minutes de trajet et 18 arrêts de bus, j’arrive enfin au site touristique où il commence à faire particulièrement chaud, soleil au zénith, sous les tropiques, le mois le plus chaud de l’année. Touristes et excursionnistes sont cependant présents en nombre (photo 5). Les ombrelles sont évidemment de sortie mais mises de côté le temps de la (plutôt les) photo(s). En fait, après avoir accédé au belvédère devant le monument, il faut encore faire la queue avant de pouvoir prendre la pose. Voulant comprendre pourquoi tous les touristes chinois souhaitent se faire prendre en photo avant même de se préoccuper du paysage et de la statue, je décide à mon tour de me prêter au jeu. Rires amusés des Chinois qui m’entourent, ce qui me permet d’engager la conversation avec eux et de poser des questions relatives au phénomène touristique sous couvert d’une discussion anodine. Petit à petit, et pour un peu qu’on parle mandarin, l’échange se fait plus naturellement : c’est tout l’intérêt d’une observation participante. J’ai l’impression que c’est souvent de cette manière qu’on prend connaissance d'éléments qu’il s’agit ensuite de vérifier avec des enquêtes plus poussées.


Photo 6 - La plage des amoureux
Nous sommes ici clairement en présence d’une plage urbaine, insérée dans un tissu urbain dense comme le montre les immeubles en arrière-plan, des tours d’habitations mais aussi des hôtels, à la manière de la photo 1. Le deuxième point intéressant concernant cette plage est que la plus importante de la ville de Zhuhai et surtout la seule qui soit vraiment aménagée au goût des Chinois (postes de secours, restaurants sur la plage, jet-ski, voiliers, etc.). En rapport à la taille de la ville et de son littoral on constate donc que les locaux ne se baignent que peu et que les visiteurs de passage sont eux aussi peu enclins à profiter des joies du bain. On vient davantage pour profiter du bon air et du bord de mer (cf. les descriptions du guide touristique imprimé) que de la baignade. © B. Taunay, 2010.



Après presque une heure à observer et à poser des questions, je décide de retourner vers le sud, direction la principale plage de la ville, objectif initial de ma visite à Zhuhai. Ce que je n’avais pas prévu c’est la distance à parcourir, un peu plus de 35 minutes sous le soleil de midi... Arrivé à moitié insolé (les désagréments du terrain en milieu tropical), je m’installe à l’ombre de quelques arbres en bordure de la plage (photo 6), mais je ne suis pas le seul, les touristes chinois désertent petit à petit la plage alors que le soleil est à son zénith. Je ne peux pas encore aller observer les pratiques de la plage, mais je peux toutefois en profiter pour constater que l’arrière de la plage, entre le sable et la route, est un espace assez développé : des buvettes, des boutiques de souvenirs et de vente de maillots de bain, des restaurants, etc. (sous le couvert boisé visible sur la photo 6). C’est à croire que la vie de la plage se situe là car à cette heure de la journée les visiteurs y sont plus nombreux que sur le sable. Quand on tend l’oreille on entend les bruitages de QQ, la messagerie instantanée chinoise, notamment les bruits de porte4. La technologie 3G est présente, puisqu’il n’y a aucun réseau wifi à proximité et on en profite au bord de la mer, bien installé à l’ombre.


Photo 7 - Scène de la plage des amoureux en début d’après-midi
Cette photo nous présente une division entre les touristes qui observent la mer et ceux qui s’y trempent. Même si cette photo ne le montre pas, les premiers sont plus nombreux que les seconds et au sein de ceux-ci, il y a différentes attitudes : certains (la majorité) se protègent du soleil avec des ombrelles (des parapluies auxquels on a trouvé une nouvelle fonction) alors que d’autres semblent ne pas craindre les morsures du soleil. Ceux qui se baignent ne savent en majorité pas nager et restent donc là où la profondeur de l’eau leur permet de marcher tranquillement. A ces deux catégories il faudrait ajouter ceux qui sont en maillot mais ne se baignent pas forcément ou très peu (comme les deux jeunes au premier plan, devant les ombrelles). © B. Taunay, 2010

En début d’après-midi la plage commence à se remplir de nouveau et il est alors intéressant de s’y balader pour observer les pratiques touristiques chinoises. Venu principalement pour comprendre les manières de se tenir, de se vêtir, de se regarder sur la plage, je constate alors qu’en apparence ce qui se passe ici n’est pas très différent de ce que j’avais pu constater lors de ma thèse : les touristes ne se baignent que peu et restent souvent à regarder la mer, assis sous de vastes parasols ou bien debout abrités sous des ombrelles multicolores. La découverte l’emporte encore sur le repos ou même la sociabilité. Et quand les visiteurs se baignent, ils ne nagent pas, et se cantonnent aux zones où ils ont pied, voire de l’eau à la taille, rarement au torse. Là, comme sur d’autres plages le bruit est partout, avec les différents engins motorisés sur la mer, mais aussi sur le sable, juste en retrait de la zone investie par les visiteurs. Quand on ne découvre pas les marges de ce pays continent, on vient donc ici pour jouer. La différence la plus notable que j’ai pu souligner est l’absence de chaises sur lesquelles le lieu et la date sont inscrites et sur lesquelles on s’assoit pour se faire prendre en photo5. A quoi attribuer cette différence ? Est-on sur une plage moins fréquentée où la possibilité de gagner de l’argent avec les touristes est moindre, donc le nombre d’acteurs locaux est aussi plus faible ? C’est possible. Zhuhai n’est pas réputée pour sa (et rappelons-le il n’y en a qu’une) plage et les Chinois viennent peut-être d’abord chercher ici autre chose, notamment la gastronomie locale. A en croire le nombre de restaurants au mètre carré le long de la mer, un bon repas constitué de fruits de mer semble plus important que la découverte de l’environnement de ces délices.


Photo 8 - Le marché couvert à côté de la gare routière de Gongbei - © B. Taunay, 2010


Devant reprendre un bus pour rentrer à Canton, j’ai quitté la plage à 15h30 et, comme certains touristes, j'ai visité le marché à côté de la gare routière (photo 8), ce qui limite les observations ainsi que leur profondeur. Tout ce qui a été dit dans ces quelques lignes devrait bien évidemment être relativisé et creusé : les groupes sont-ils majoritaires ou bien est-ce les individus qui prédominent dans ce lieu littoral ? Quelle est la principale provenance des touristes observés dans le cadre de cette journée ? Quelle est la part des excursionnistes ? Et tant d’autres questions qui restent en suspens et qui mériteraient de nombreuses autres journées de ce type avec une méthodologie plus développée. Mais à 16h20 j’étais dans le bus qui me ramenait vers la mégapole cantonaise, pour y retrouver dès le lendemain matin les cours de mandarin, élément fondamental pour une meilleure compréhension du tourisme intérieur chinois.

Notes

1 Le taux de change varie entre 9 et 10 yuans pour un euro.
2 On trouve régulièrement dans les journaux locaux et régionaux des articles sur différentes stations de bord de mer qui invitent à venir découvrir ces lieux encore largement méconnus.
3 Voir à ce sujet la communication : PICKEL S., TAUNAY B., VIOLIER P., « La mondialisation, facteur d’homogénéité ou d’hétérogénéité dans le rapport tourisme et nature ? (Chine / France) », présentée à Angers lors du Colloque « Tourisme et mondialisation » (les Rendez-vous Champlain sur le Tourisme, du 31 mai-02 juin 2010). A paraître dans les actes de colloque.
4 QQ signifie « qiao qiao », « frapper à la porte ». A chaque fois qu’un de vos contacts vous envoie un message, un bruit de frappement à la porte se fait entendre.
5 S’assoir est payant et il faut rajouter un supplément si on veut les services d’un photographe « professionnel ».

 

Benjamin TAUNAY
Docteur en géographie
Post-Doctorant à l’Université d’Angers (Faculté ITBS-Esthua, Laboratoire ESO-Angers).

 

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