La
journée mondiale du tourisme durable à Dili
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27 septembre 2008, Journée
mondiale du tourisme durable au Timor Leste - © Ch. Cabasset
Cette situation est inédite dans ce pays – colonie portugaise jusqu'en 1975 - à divers titres : parler de tourisme au Timor Leste n'est pas possible sans avoir à l’esprit le conflit long et meurtrier qu'il connut, l'état dramatique du pays en 1999 dont témoignent encore des ruines, et les nombreuses priorités – renforcement des institutions, agriculture, santé, éducation… - auquel l’Etat est confronté depuis le retrait de l'armée indonésienne en 1999 et la proclamation de l’indépendance le 20 mai 2002. En corollaire à l'histoire récente qui vient d'être rappelée, l'essentiel des étrangers arrivant là depuis 1999 sont des personnes en poste dans le pays, auprès des Nations Unies et agences associées, agences de coopérations gouvernementales, ONG internationales, ambassades…Cette présence internationale souvent marquée par de très hauts revenus (plusieurs milliers de dollars US par mois) est à la fois source de déséquilibre (40% de la population vit sous le seuil de pauvreté, un haut cadre – timorais - de l'administration aura du mal à gagner plus de 350 $/mois, un enseignant de l'université plus de 250 $/mois), et une source économique indéniable, comme en avait témoigné la décroissance économique des années 2002-2005 lors du retrait massif des internationaux au lendemain de l'indépendance. Ces résidents étrangers forment le pivot fondamental de l'activité tourisme et loisirs, cette dernière étant extrêmement concentrée à Dili. Des touristes étaient pourtant arrivés là pour des motivations de loisirs entre 2003 et 2005, en petit nombre, flux qui se sont ensuite taris avec la crise politico-militaire de 2006, les tensions occasionnées par l’année électorale en 2007, et les deux attentats de février 2008 visant le président de la République José Ramos Horta et le premier ministre Xanana Gusmao. Profitant d'une certaine stabilité qui règne depuis, des touristes reviennent.
Le contexte socio-économique du pays
Le tourisme n'a cessé d'être envisagé depuis 2002 (et même avant, dès les travaux préparatoires à l’indépendance), par les gouvernements successifs, comme un moyen de développement économique et de lutte contre la pauvreté.
Le Timor oriental est régulièrement présenté comme "l'un des pays les plus pauvres du monde" ou l'un des plus pauvres – si ce n'est le plus pauvre - d'Asie du Sud-Est, ou d'Asie, le constat étant généralement illustré par le PIB / habitant, lequel fluctue selon les documents (de 370 $ à 1 500 $), selon qu'il est calculé en compte courant ou en PPA (pondéré par le pouvoir d'achat), selon l'intégration ou non des revenus des hydrocarbures. Divers auteurs soulignent régulièrement combien le PIB par habitant peut difficilement constituer un indicateur, notamment pour des sociétés rurales vivant largement en autonomie. Le pays était-il l'un des plus pauvres du monde en 1999 et 2000 ? Certainement oui, comme peut l'être un PED sorti de guerre avec son lot de déplacements de populations, de destructions de biens, de morts, de traumatismes. Ce lourd héritage, lui-même précédé par une longue colonisation portugaise, elle-même interrompue par une occupation japonaise (1942-1945) très meurtrière, peut difficilement être surmonté en moins de 10 ans. Néanmoins, le présent et l'avenir dépendent aussi de la responsabilité des Timorais aujourd'hui aux commandes. L'un des principaux atouts actuels du pays est constitué par les hydrocarbures dont il est riche et qui sont en mesure de lui procurer les moyens de son développement économique pour les 40 années à venir. Les recettes dégagées par ce secteur sont d’ailleurs significatives depuis 2005. En revanche, le pays doit trouver les moyens de diversifier son économie, traduire cette manne financière en bénéfices pour les populations, disposer des ressources humaines qui lui permettent d'entreprendre et d'encourager les projets, dans tous les secteurs de la société.
80 % de la population active du pays vit de l'agriculture, qui est essentiellement une agriculture vivrière, et les avancées de ce secteur sont primordiales, pour accroître la productivité, diversifier l'alimentation, et augmenter les revenus tirés de la vente des surplus. Les populations rurales sont souvent jugées "les plus pauvres" par la faiblesse de leurs revenus financiers ; elles souffrent aussi souvent des difficultés d'accès aux services de base (eau potable, éducation, santé, transports), voire de produits alimentaires en période de soudure.
La ville de Dili, centre politique, administratif et économique, offre davantage d'opportunités d'emplois (dans l'administration d'Etat, les services, les ONG, les agences de Nations Unies, les entreprises…) et de revenus. Le district de Dili et notamment la capitale a vu sa population augmenter de façon très importante (175 000 habitants dont 150 000 pour la capitale, 2004), d’abord dans les années 1980 durant l'occupation indonésienne, puis à partir de 2001. Attirant un grand nombre de jeunes dans les nombreuses universités et écoles post-secondaires, et de personnes en quête d'emplois, elle connaît aussi un fort taux de chômage.
Dili, la capitale nationale, concentre 84%
des 1 300 chambres d'hôtels du pays. En dehors du centre historique,
ou de la route de l'aéroport,
les nouvelles implantations hôtelières ont particulièrement
concerné le front de mer, vers l'Ouest (quartier des ambassades)
et vers l'Est (Bidau-Areia branca). © Martine Perret/UNMIT
Tous ces caractères sont communément partagés par nombre
de pays et encore plus de régions dans le monde, à commencer
par certaines d'Asie du Sud-Est. En revanche, l'un des principaux défis
auxquels est confronté le Timor oriental est celui de l'explosion démographique
qu'il connaît depuis 2000. Le recensement de 2004 a révélé
un indice conjoncturel de fécondité le plus haut du Monde (7,8
enfants par femme) et le taux d'accroissement naturel, de 3 % par an, laisse
prévoir un doublement de la population timoraise, - 924 000 personnes,
recensement 2004 - en 2022. Certes, il s'agit probablement d'un état
temporaire "pour compenser tous ces morts de la guerre" comme disent
les Timorais. Néanmoins, l'emploi est crucial pour les jeunes d'aujourd'hui
et à venir qui ne pourront, ni ne voudront, vivre de l'agriculture,
tout comme le sont les opportunités de revenus, pour satisfaire le
souci actuel des parents de fournir une "bonne éducation"
à leurs enfants et, plus généralement, pour faire face
aux nécessités d'une grande famille.
Le discours sur la pauvreté tend pourtant souvent à masquer les initiatives nationales, et encore plus locales. Les terrains effectués dans les "districts" montrent que ceux-ci sont tout sauf inertes sous "le poids de la pauvreté", qu'ils sont des lieux de vie et de production, socialement structurées et animés par des solidarités (mais pas uniquement par des solidarités), et qu'un certain nombre de personnes et de communautés se voient comme des acteurs essentiels de la construction nationale. Des espaces vivants, des dynamiques qui demandent à être soutenues, pour permettre notamment aux résidents d'y vivre mieux, et aux jeunes de s'y inscrire socialement et professionnellement.
L'environnement naturel comme ressource touristique
Du fait de son sous-équipement général (aucune industrie lourde, présence surtout de petites et micro entreprises, peu de trafic routier spécialement hors de Dili, difficultés de circuler notamment dans les zones de montagne, aucune infrastructure de grande envergure sur le littoral) et d'un environnement qui apparaît préservé au visiteur, l'écotourisme a été promu rapidement comme positionnement privilégié... l'Etat espérant attirer parallèlement des investissements en mesure d'avoir des effets économiques, dont la création d'emplois, significatifs. La politique d'établissement d'aires protégées initiée en 2000 par l'administration transitoire des Nations Unies (15 aires protégées) est aujourd'hui poursuivie et le premier parc national, parc Nino Konis Santana, a été créé en 2007. Ces mesures sont motivées par le souci de préserver un environnement de qualité, tant terrestre dans ce pays montagneux qui abrite plusieurs sommets supérieurs à 1500 m d'altitude, que maritime, avec des fonds sous-marins réputés pour être d’une grande richesse dans cette région du « Triangle de corail » (Indonésie de l’Est, Malaisie/ Bornéo, Timor oriental, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, îles Salomon).
Dili, capitale et pôle de concentration des activités de tourisme et de loisirs
Dili est située dans la baie du même nom, sur la côte Nord-Ouest du pays. Compte tenu de son rôle de centre, la ville a particulièrement profité de la présence internationale. Le pays compterait (en 2006) plus de 1 300 chambres en hébergement hôtelier dont 84% dans la seule capitale. Aux côtés des quelques établissements hôteliers hérités de la colonisation portugaise, comme le Dili, le Resende (non en fonction), le Turismo, le Timor, de très nombreux autres hôtels ont été construits à partir de 1999, dans le centre ville stricto sensu, mais aussi sur la route de l'aéroport, sur le front de mer, vers l'Ouest (quartier des ambassades) et vers l'Est (Bidau-Areia branca). Deux centres de plongée ont vu le jour à Dili à partir de 2000, un certain nombre de sites localisés sur la côte Nord étant rapidement accessibles depuis la capitale.

Le centre historique est identifié
par la présence d'un patrimoine
colonial portugais, restauré
à partir de 1999, comme l'actuelle
Ambassade européenne (ex. caserne du XVIIIè), le marchémunicipal,
l'immeuble Acait, qui abrite notammentl'ambassade du Portugal,
ou encoreles hôtels Turismo, Dili, Resende et Timor. © Ch. Cabasset
Les clientèles de ces centres sont composées de résidents
étrangers et de touristes arrivant de Bali ou de Darwin dans le cadre
de courts séjours. Sont également basées à Dili
deux ou trois agences réceptives – créées par des
acteurs timorais - en mesure d'organiser des circuits de quelques jours vers
les principaux sites touristiques du pays. Les résidents étrangers,
souvent équipés de 4x4, stimulent également l'activité
de quelques lieux touristiques hors de la capitale et ce, presque exclusivement
le week-end. Freinés jusque là par l’instabilité
politique et par le problème de propriété de la terre,
d’importants investissements étrangers dans le domaine du tourisme
seraient pourtant prévus à court terme, notamment sous la forme
d'un grand resort en périphérie de la ville de Dili, construit
par un investisseur singapourien. Ce projet hôtelier, comme la construction
d'un immeuble de bureaux modernes en plein centre ville, ou encore la récente
(été 2008) desserte aérienne directe à partir
de Singapour (à côté des accès par Bali et Darwin),
et la prochaine (février 2009) mise en place d'une ligne aérienne
reliant Bali – Dili – Darwin, constituent des signaux forts en
direction de l'étranger (signes de stabilité, ouverture et invitation
au secteur international) et en direction de l'intérieur (démonstration
d'avancées significatives, perspectives d'emplois…). Le pays
est en passe de se doter d'un plan de développement d'un tourisme durable.
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Question qui dépasse le cas de ce seul pays dans un contexte international marqué par une intense communication concernant le développement durable, le dérèglement climatique et la lutte contre la pauvreté : l'Etat aura-t-il les moyens, la volonté et le soutien de la communauté internationale pour encourager, particulièrement pour les projets d'envergure, les expériences novatrices en matière de responsabilité environnementale (recours aux énergies renouvelables, gestion des déchets, réduction des consommations des ressources naturelles, dont l'eau…) et socio-économique (dynamisation et création de filières de productions locales, soutien aux communautés voisines dans l'accès aux services de base) ?

Cette campagne initiée durant l'été
2008 par l'ONG Peace Dividend Trust vise à encourager les résidents
étrangers à acheter
les produits timorais afin d'augmenter les retombées socio-économiques
de la présence internationale. © Ch. Cabasset
Emergence de lieux touristiques dans le secteur rural
Il n'y a pas de tourisme sans touristes, certes. Mais il n'y a pas non plus, ou peu, de tourisme sans adhésion des populations locales, sans engagement d'individus et de communautés dans l'activité touristique. C'est là l'un des principaux faits que j'observe depuis une quinzaine d'années, ces entrepreneurs du tourisme – souvent de la micro-entreprise familiale – constituant l'ossature de l'activité hors des pôles touristiques majeurs. Au Timor Leste aussi, le monde rural est marqué, même à un niveau embryonnaire, par la présence de diverses initiatives, souvent menées par de petits entrepreneurs timorais et leur famille. Plusieurs gîtes, chambres chez l'habitants, restaurants locaux, ont vu le jour, le plus souvent en milieu de montagne, dans les chefs-lieux de districts et sous-districts et/ou à proximité des sommets, du Tata Mai Lau, du Kablac, du Matebian, ou encore, sur le littoral, à Baucau, à Com, à Tutuala, sur l'île d'Atauro. A partir de ces hébergements, il est possible d'organiser, avec la "famille d'accueil" ou avec le voisinage, des randonnées à pied, en bateau, voire à cheval. A l'instar de la plupart des régions rurales des pays en développement, ici aussi, ce sont, le plus souvent, des hébergements de petites tailles, basiques, réalisés selon les capacités techniques et financières et le niveau de connaissance du "tourisme" des personnes qui les ont créées. Ces lieux en formation sont irrigués principalement par les résidents de Dili, les déplacements dans les districts étant le fait d'une minorité de personnes seulement. Un fossé entre Dili et le "hors Dili" s'étant creusé au cours des dernières années, l'animation et l'aménagement des régions rurales, le soutien aux acteurs du tourisme et autres activités constituent aujourd'hui une priorité.

Située face à Dili, l'île
d'Atauro, accessible en 2h-3h, selon le bateau, depuis la capitale, constitue
une destination de week-end
Alors que, d'une façon générale, les Timorais sont peu
tournés vers la mer au profit des reliefs, les habitants d'Atauro vivent
de la mer,
pêchent en barque et plongent en apnée. © Ch. Cabasset

Le Manucoco, sommet le plus haut de l'île
(1 000 m), fait partie des quinze aires protégées déclarées
en 2000. © Ch. Cabasset
Avec plusieurs sites sous-marins réputés,
l'île constitue déjà une destination pour les centres
de plongée basés à Dili.
En dehors de cette activité, un séjour à Atauro est plus
souvent l'occasion de se reposer, de se baigner, de faire du snorkeling,
de faire un tour en barque avec des pêcheurs ou, pour les plus actifs,
de faire l'ascension du Manucoco.© Ch. Cabasset
Les touristes séjournent le plus souvent
une ou deux nuits dans les deux hébergements existants, tous deux localisés
sur la plage
et offrant une capacité d'une vingtaine de personnes chacun en bungalows
d'architecture "traditionnelle" : l'écolodge Tua Koin (sur
la photo),
projet de tourisme communautaire mené par une ONG locale (Roman Luan)
; le Barry's lodge, créé par un jeune entrepreneur australien
et sa femme de la communauté locale. A l'initiative d'une coopérative
de femmes, un restaurant, le "Manucoco", a vu le jour
dernièrement (2008) à Vila, principal village de l'île.
© Ch. Cabasset
C'est aussi de cette île, et particulièrement
d'un des villages, que proviennent les "statuettes d'Atauro", en
bois, noircies à la fumée,
très reconnaissables, et que les touristes trouvent en divers lieux
de vente à Dili. © Ch. Cabasset
Le mont Tata Mai Lau, qui culmine à
près de 3 000 m d'altitude, est le sommet le plus haut du pays. Cette
région, bien arrosée
(2 000 mm de précipitations annuelles), fait partie de la grande aire
de production de café du Centre-Ouest,
qui constitue le principal produit d'exportation du pays hors hydrocarbures.
© Ch. Cabasset
Avant 1975, durant la colonisation portugaise,
l'ascension du sommet constituait déjà l'une des principales
activités des touristes
(résidents, militaires ou visiteurs portugais, et surtout des touristes
australiens). Avant 1975, durant la colonisation portugaise,
le "camp de base" pour entreprendre l'ascension du Tata Mai Lau,
à cheval ou à pied, était la petite ville de Maubisse
et plus
particulièrementla pousada, principal hébergement touristique.
Aujourd'hui, Maubisse reste une destination de week-end,
mais l'ascension est plus fréquemment entreprise à partir du
village de Hatu Builico, situé sous le sommet
et à 1h30 en voiture de Maubisse. A partir du seul hébergement
touristique existant, la pousada Alecrim
construite par un couple il y a quelques années, nombreux sont ceux
à démarrer l'ascension
vers 2h-3h du matin afin d'être au sommet pour le lever du jour. ©
Ch. Cabasset

Cet espace, comme l'ensemble du territoire,
est marqué par une "renaissance" culturelle qui se manifeste
depuis 1999,
notamment par une réappropriation des lieux d'habitat d'origine (notamment
sur les reliefs, interdits
durant l'occupation indonésienne) avec la reconstruction de hameaux
et de maisons sacrées. © Ch. Cabasset
Le sommet – comme ceux des monts Kablac
et Matébian - est le lieu d'un important pèlerinage organisé
annuellement par l'église catholique
et attire, à cette occasion, plusieurs milliers de personnes, hommes
et femmes de tous âges. © Pierre-Yves Lapeyronnie

Le village de Tutuala, à l'extrême
est du pays, et particulièrement la plage, située à 8
km en contrebas du village, a constitué dès 2000
une destination de week-end en dépit de son éloignement de Dili.
Le site est accessible en 6 h environ depuis la capitale en voiture.
Jusqu'en 2007, les visiteurs arrivaient avec leur tente que les pêcheurs
aidaient à installer sur la plage, sous les arbres. © Ch. Cabasset
Depuis 2007, un hébergement touristique,
sous la forme de bungalows, a été créé par une
ONG locale (Haburas) spécialisée dans l'éducation
et les actions tournées vers l'environnement naturel, soutenue par
deux ONG portugaises (CIDAC et IMDF). Il s'agit là aussi d'un projet
de tourisme communautaire, plusieurs dizaines de villageois se relaient pour
la gestion de l'hébergement. © Ch. Cabasset
Le motif essentiel d'une visite à Tutuala
est la "beauté du cadre" – paysage de falaises, plage
qui fait face à l'îlot de Jaco -,
le repos, les activités balnéaires, baignades et snorkeling
en premier lieu. Le plus souvent, les visiteurs passent une nuit sur place,
sur la plage ou dans le village de Tutuala, mais pas sur l'île de Jaco,
sacrée pour les Timorais. © Ch. Cabasset
Les pêcheurs sont sollicités pour
emmener les touristes en barque, pour faire le tour de l'île de Jaco
ou pour les déposer sur l'îlot
sur lequel ils passeront plusieurs heures. © Ch. Cabasset
Christine CABASSET-SEMEDO |
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