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Les Egyptiens, la révolution et les touristes

On sait que le tourisme est une grande ressource pour l’Egypte et les Egyptiens (14,5 millions d’arrivées internationales en 2010).
On sait qu’il est en fréquent, en Occident, de ne pas apprécier à sa juste valeur cette importance et/ou de n’en voir que la dimension négative, laquelle existe bien (en particulier, l’inégale répartition des profits).
Les récents bouleversements politiques en Egypte nous rappellent cette importance du tourisme, car rien n’est plus évident pour tous que le brutal tarissement du mouvement. On avait déjà entendu, dans un tout autre contexte (le terrible tsunami de l’Océan indien, de décembre 2004), au moment où l’on pouvait légitimement s’interroger sur la possibilité de continuer à aller prendre des vacances sur des plages transformées en cimetières, la parole de survivants qui incitaient les touristes à revenir sans délai, pour ne pas ajouter la crise économique au drame humain.

Et bien, c’est ce que l’on observe depuis la semaine dernière en Egypte, avec ces nombreux messages sur le web incitant les touristes à ne pas abandonner cette destination : « Dear tourists, don’t leave, we will protect you ».

Ces tweets, en provenance des protestataires égyptiens se jouant de la censure, sont relayés en temps réel depuis le 30 janvier 2011 par un site web dédié, créé par l’équipe d’HyperCities dont la préoccupation principale est de faire voyager les internautes à travers l’histoire des métropoles du Monde1.
Le portail affiche une présentation sobre, sans fioriture, offrant un fond Googlemap centré sur la désormais mondialement célèbre place Tahrir du Caire et permet de visualiser tous les gazouillis (re-tweets inclus) expédiés depuis cette date par les twitterers localisés en Egypte et ayant pour thème la crise dans le pays ; une recherche par mots-clés est également permise2.

Après avoir été l’un des ressorts du bouleversement politique, le buzz sur Internet est mis au service du retour des touristes, en Egypte, comme en Tunisie (cf. la campagne lancée sur le net le 14 février, jour de la Saint-Valentin, par le nouveau ministre du tourisme : « I love Tunisia »).

Notes

1 HyperCities est une plateforme collaborative de recherche et d'enseignement développée par des chercheurs de UCLA autour de Todd Presner. Elle vise à présenter l’histoire de métropoles du monde, d’une part par le biais de cartes anciennes géoréférencées, d’autre part grâce à des supports variés (reconstitution 3D de bâtiments ou de quartiers, fichiers sonores…) le tout sous une forme interactive. Dix-neuf villes telles que New-York, Los Angeles, Paris ou encore Berlin sont à l’heure actuelle présentes dans la base de données d’HyperCities. http://hypercities.com/

2 Le projet a pris le nom de « HyperCities Egypt: Voices from Cairo through Social Media » et peut être consulté, seulement avec le navigateur Mozilla Firefox, à l’URL suivante : http://egypt.hypercities.com

 
 

Rémy Knafou & Carine Fournier

 




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