
18 juillet 2009, plage de Punaauia (Tahiti,
Polynésie française) - © Bénédicte Auvray.
Voici une photographie de la plage publique de Punaauia. On l’appelle plus communément « plage du PK 18 » car elle se situe au point kilométrique 18, c’est-à-dire à dix-huit kilomètres de Papeete, sur la côte Ouest.
Comme on peut le voir, il
s‘agit d‘une plage de sable blanc. A y regarder de plus près,
le sable est mixte (blanc corallien et noir basaltique). D’ailleurs,
il arrive que des roches basaltiques affleurent, et les vagues rejettent de
petits morceaux de basalte qui, tout comme les patates de corail, rendent
nécessaires les sandalettes en plastique ou des Crocs pour se baigner
dans le lagon ou faire du snorkeling (plongée avec masque et tuba qui
permet facilement d'observer les poissons du lagon). Il faut rappeler qu’à
Tahiti, les plages de sable (surtout blanc) sont plutôt peu nombreuses,
à la grande surprise des touristes, parfois déçus : si
les plages des hôtels sont généralement des plages artificielles
de sable blanc, la majorité des plages naturelles sont noires. Bref,
Punaauia est une exception, ce qui contribue à son succès :
cette portion de côte sableuse bordée de cocotiers correspond
à un paysage recherché par les touristes. Outre les cocotiers,
on voit également un bougainvillier en fleur et sur la droite un filao.
La fréquentation de la plage s’explique également par
le fait que la photographie a été prise un dimanche : les résidents
polynésiens peuvent donc également s’y reposer.
Cette plage est plutôt fréquentée par des résidents
(comme les deux jeunes femmes sur la droite et le groupe au centre de la photographie,
qui quitte la plage) ou des touristes hébergés en petite hôtellerie
familiale : on compte plusieurs pensions de famille à proximité
de la plage. En tout cas, la plage de Punaauia est animée par des résidents,
et cela plutôt de manière informelle : alors que la baignade
est interdite, la plage est un lieu agréable et équipé
en conséquence pour y passer le journée.
Le terrain situé
entre la route et la plage est devenu un parking improvisé, surveillé
par son propriétaire qui demande 300 CFP la place (un peu moins de
trois euros). A la lisière de la plage, on aura la surprise de voir,
comme aux abords de toutes les plages de l'île, un panneau annonçant
que la baignade est interdite par arrêté municipal, par risque
de cyclones ou dangerosité du courant dans le lagon.
Malgré cela, la vie autour de la plage s’est organisée.
Des snacks se sont installés, proposant sandwiches, glaces, gaufres…
On distingue l‘un d‘eux à l‘arrière-plan en
rouge à gauche du parasol bleu et vert. Tout cela concourt à
faire de cette plage un lieu agréable, à l’ambiance bon
enfant. Mais les publics et les pratiques de la plage diffèrent. Certains
viennent avec l’équipement minimal c'est-à-dire les claquettes
et le drap de bain (comme au premier plan le drap de bain Hinano blanc et
jaune, du nom de la bière locale qui a pour effigie une vahine
de profil en paréo) pour profiter du soleil, comme au premier plan,
la jeune femme en deux-pièces parme. On remarquera d'ailleurs que le
bikini est le vêtement de plage féminin le plus porté
: aucune femme sur cette photo ne porte de maillot une-pièce. Du côté
des hommes, la mode est au sportswear puisqu'à l'exception de l'homme
en maillot de bain qui regarde le groupe central s'éloigner, tous portent
t-shirts et shorts de surf, ce qui témoigne notamment de l'engouement
des jeunes Tahitiens pour cette ligne de vêtements. Pour en revenir
aux publics fréquentant la plage, les parasols signalent les familles
avec jeunes enfants : sous le parasol bleu et vert, on voit quelques jouets
multicolores. Enfin, puisque le dimanche est un jour où l’on
peut prendre du temps pour soi, autant être bien équipé
pour passer une journée agréable comme le groupe de jeunes s'éloignant
qui était venu pour pique-niquer (l'un d'eux porte une glacière
bleue) : la photo ayant été prise à 15h, le moment du
déjeuner sur la plage était terminé. Certains d'entre
eux ont également écouté et joué de la musique
: le deuxième porte une station pour Ipod et le dernier en bleu porte
sa guitare à l'épaule. Il est en effet très fréquent
sur les plages de jouer de la guitare ou du ukulélé. D'autres
ont visiblement opté pour des pratiques plus sportives comme le bodyboard
: on en voit quelques planches sur le sable et une bleue appuyée contre
le parasol de droite. Par ailleurs, cette plage de la côte sous-le-vent
permet d'apprécier en fin d'après-midi le coucher de soleil
sur Moorea.
On sera peut-être étonné de voir tant de popa'a
(terme signifiant "brûlé" qui sert à désigner
les Occidentaux, blancs) sur cette plage. Le cliché a été
pris durant l'hiver austral, haute saison touristique de la Polynésie
française : il peut s'agir de touristes internationaux venus découvrir
Tahiti ou de touristes métropolitains ayant peut-être vécu
ici et venus à l'occasion des vacances retrouver des amis ou de la
famille.
NDLR : Cet article a bénéficié de la relecture critique
de Jean-Christophe Gay.
Bénédicte Auvray |
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