
© Benjamin Taunay, 2008.
Une jeune chinoise pose fièrement devant le château de la belle au bois dormant, symbole de la marque Disney et présent à l’intérieur de chaque parc. Le premier château se situe dans le parc de Disneyland. Il date de 1955 et est inspiré du château de Neuschwanstein, construit par Louis II de Bavière et des châteaux de la Loire. Le château du parc parisien a été pensé différemment. Plus haut (45 mètres contre 23), il est inspiré de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel, de Chambord, d’Azay-le-Rideau, des Hospices de Beaune et de l’Église Saint-Séverin1.
Le rose pâle du château se détache à peine d’un ciel gris d’hiver : cette photographie a en effet été prise au matin d’un 8 décembre particulièrement froid (comme en témoignent le manteau, les gants et l’écharpe de notre jeune touriste) à l’intérieur du parc Disneyland Paris. Cependant, la neige immaculée qui tapisse de façon impeccable les pelouses du parc est artificielle : comme chaque année, le parc a été enneigé dans le cadre de l’opération « Noël à Disneyland ».
Avec ses doigts formant le
V de la victoire, cette jeune touriste montre sa joie de se trouver à
Disneyland. Dans son esprit, le parc Disney possède en effet un statut
à part : il représente le lieu à visiter à Paris.
Pourquoi cet engouement pour Disneyland ? Quelques éléments
de la photographie permettent de répondre à cette question.
Le château symbolise l’univers Disney, à la fois magique
et kitsch, impressionnant et mièvre. La mise en scène du lieu,
jusque dans ses moindres détails (lampadaires décorés,
arbres taillés en cubes à la Lewis Caroll, fausse neige) transforme
la place en symbole même du parc, en emplacement incontournable alors
qu’il n’a pas de réel intérêt puisque les
attractions sont réparties tout autour. La foule visible à l’arrière-plan
de la photographie témoigne toutefois de la centralité du lieu
et de son importance dans la pratique du parc : prise des photos souvenirs,
pauses repas ou encore point de rendez-vous. C’est le lieu central où
l’on célèbre d’ailleurs la longévité
de Disneyland, comme le montrent les multiples reproductions du chiffre «
15 » (pour quinze ans, fêtés en 2007) sur les murs du rond-point,
sur chaque affiche et sur le fronton du château (onze fois sur cette
seule photographie).
1
Littaye A. et Ghez D., 2002, Disneyland
Paris - De l'esquisse à la création, Paris, éditions
Nouveau Millénaire, p. 184.
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Maie Gérardot |
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Benjamin Taunay Doctorant sous la direction d’Isabelle Sacareau et Patrice Cosaert à l’université de la Rochelle, UMR 6250 (LIENSs). Thèse intitulée : Le tourisme national chinois, une approche géographique. Exemples à Guilin et Beihai. ATER à l’université d'Angers (ESTHUA). benjamin.taunay@gmail.com |
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